Un séminaire régional réunit à Abidjan des experts pour adapter le patrimoine architectural en terre aux défis climatiques actuels.
L'Université Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan a abrité un séminaire régional consacré au patrimoine en terre et à la résilience climatique en Afrique de l'Ouest. Cet événement rassemble chercheurs, gestionnaires de sites, artisans et experts afin de trouver des solutions face aux menaces climatiques qui pèsent sur les constructions traditionnelles. Selon l'Office ivoirien du patrimoine culturel, ces architectures ancestrales font face à des contraintes croissantes telles que l'intensification des pluies, l'érosion et les variations de température. Pour relever ce défi, un projet triennal soutenu par l'Alliance internationale pour la protection du patrimoine déploie des actions concrètes sur trois sites emblématiques de la sous-région.
Les initiatives se concentrent sur la Casa Emplovium au Sénégal, la mosquée de type soudanais de Bouna en Côte d'Ivoire et les bâtiments traditionnels ashanti à Kumasi au Ghana. Ces lieux servent de laboratoires à ciel ouvert pour améliorer les techniques de restauration, renforcer les compétences locales et documenter des savoir-faire précieux. Le projet associe plusieurs structures majeures, dont le Centre international de construction en terre et l'École du patrimoine africain, pour allier science moderne et traditions constructives.
Le président de l'université a souligné que l'architecture en terre représente une véritable sagesse écologique et une réponse intelligente aux enjeux de l'urbanisation rapide. Les travaux visent à dépasser la simple conservation pour bâtir une stratégie de résilience globale. En favorisant la transmission des connaissances aux jeunes générations et en intégrant ces techniques dans les politiques publiques, l'Afrique de l'Ouest valorise un pan fondamental de son identité culturelle et architecturale.