La Tunisie mise sur la mobilisation des capitaux privés et la finance verte pour porter la part des énergies renouvelables à 35 % d'ici 2030.
La Tunisie ambitionne de porter la part des énergies renouvelables à trente-cinq pour cent de son mix électrique d'ici deux mille trente, nécessitant une mobilisation accrue des capitaux privés. Selon l'expert bancaire Helmi Bouabsa, la finance verte doit dépasser le simple soutien écologique pour devenir un véritable moteur de compétitivité économique face aux défis énergétiques et hydriques du pays. L'État ne pouvant supporter seul les coûts de cette transition, l'implication des banques et des investisseurs privés s'avère indispensable pour moderniser les infrastructures industrielles, hôtelières et agricoles. Plusieurs mécanismes existent déjà, allant des dispositifs publics comme le Fonds de transition énergétique aux programmes internationaux soutenus par l'Agence française de développement et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Le recours au financement mixte, ou blended finance, offre également des perspectives prometteuses pour combiner fonds propres, aides publiques et garanties internationales afin de réduire les risques liés aux investissements à long terme. Malgré ce potentiel, les petites et moyennes entreprises rencontrent encore des obstacles, notamment en raison de la lourdeur des procédures, des taux d'intérêt élevés et d'un manque de compétences internes pour préparer les dossiers. Pour surmonter ces difficultés, les institutions bancaires sont invitées à évoluer vers un rôle d'accompagnateur stratégique, guidant les entreprises dès la conception des projets durables pour transformer les contraintes environnementales en véritables opportunités économiques.