La Tunisie entreprend un recensement agricole général et numérique pour cartographier près d'un million d'exploitations et optimiser la planification stratégique du secteur.
La Tunisie mise sur un recensement agricole exhaustif et entièrement numérisé afin de cartographier près d'un million d'exploitations à travers le pays. Selon le conseiller international en développement agricole Noureddine Nasr, cette initiative dépasse le simple comptage pour devenir un véritable outil d'aide à la décision. Face aux défis économiques et climatiques actuels, cette opération vise à doter les autorités d'une base de données fiable concernant les terres, les ressources en eau, les productions et la main-d'œuvre. L'évolution du nombre d'exploitations, passé de 326 000 en 1962 à environ un million aujourd'hui, démontre la nécessité absolue d'actualiser les connaissances pour mieux structurer le paysage agricole national. Les retombées de cette vaste opération intéresseront divers départements ministériels pour affiner leurs stratégies de développement. Le ministère de l'Industrie pourra par exemple optimiser l'implantation des unités de transformation agro-industrielle en fonction des bassins de production, tandis que le ministère du Commerce pourra anticiper plus fidèlement les besoins du marché intérieur. En outre, le recensement met en lumière le poids prépondérant de l'agriculture familiale, qui représente quatre-vingt-cinq pour cent du secteur. Ce constat souligne l'importance de renforcer l'organisation professionnelle et le travail coopératif pour améliorer la commercialisation et le pouvoir de négociation des petits producteurs face aux mutations du marché. Préparé depuis plusieurs années en collaboration avec la FAO, ce projet s'appuie sur des outils modernes tels que des tablettes numériques pour garantir l'efficacité de la collecte sur le terrain. La réussite de cette démarche repose toutefois sur la confiance des agriculteurs et sur une large campagne de sensibilisation menée avec les organisations professionnelles. Les autorités rappellent que les données recueillies serviront exclusivement à orienter les politiques publiques et à soutenir durablement les exploitants, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour l'avenir de l'agriculture tunisienne.