La dépendance de l'Afrique envers les médicaments importés représente une formidable opportunité industrielle pour les investisseurs du continent.
L'Afrique importe actuellement plus de soixante-dix pour cent de ses médicaments et environ quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ses vaccins, une situation qui met en lumière une vulnérabilité sanitaire historique. Lors d'une récente intervention, le dirigeant ghanéen John Dramani Mahama a toutefois souligné que cette forte dépendance devait être perçue comme une chance unique de stimuler l'économie et d'attirer des investissements majeurs dans le secteur industriel de la santé.
Trop souvent perçue uniquement comme une charge sociale, la santé doit désormais être considérée comme un véritable secteur économique capable de générer de la valeur ajoutée, des emplois qualifiés et de dynamiser la recherche. Développer les capacités de production locales permettrait non seulement de réduire la pression sur les réserves de devises étrangères, mais aussi de mettre les systèmes de santé à l'abri des perturbations mondiales des chaînes d'approvisionnement.
Pour réussir cette transition, les gouvernements ne peuvent pas agir seuls et nécessitent l'implication active des banques commerciales, des fonds souverains ainsi que des investisseurs privés. Le continent doit impérativement s'élever dans la chaîne de valeur pharmaceutique en produisant ses propres ingrédients actifs, ce qui demande des compétences techniques renforcées et de solides infrastructures de recherche.
L'intégration régionale jouera un rôle déterminant dans ce processus en unifiant les marchés pour rendre la construction de grandes usines plus rentable. En transformant des dépenses actuellement réalisées à l'étranger en usines et en emplois locaux, l'Afrique pourrait bien faire de l'un de ses plus grands défis de santé l'un de ses moteurs industriels les plus prometteurs.
