La Banque mondiale salue la transformation remarquable du paysage du financement des start-ups au Maroc grâce à une décennie d'interventions publiques.
Le Maroc a réussi à bâtir l'un des écosystèmes de financement des jeunes entreprises les plus structurés de la région. Selon une analyse récente de la Banque mondiale, une décennie d'interventions publiques minutieusement planifiées a profondément transformé le paysage national, le faisant passer d'un marché quasi absent pour les jeunes pousses à une destination attractive pour les investisseurs internationaux. Il y a dix ans, à peine six pour cent des investissements profitaient aux sociétés en phase de démarrage, les fonds existants ciblant exclusivement des entreprises bien établies.
Ce tournant décisif a été rendu possible grâce au Fonds Innov Invest, lancé en 2016 par le ministère de l'Économie et des Finances à travers Tamwilcom. Financé à hauteur de cinquante millions de dollars par la Banque mondiale, ce mécanisme a permis de mobiliser plus de soixante-dix millions de capitaux privés, dépassant largement les objectifs initiaux. L'État a su attirer les investisseurs en acceptant une asymétrie de rendement tout en confiant la gestion à des professionnels, ce qui a favorisé la création de quatre fonds de capital-risque.
Au-delà des chiffres financiers, l'impact sur le terrain est considérable avec près de mille entrepreneurs accompagnés, plus de quatre mille emplois directs créés et seize incubateurs labellisés. Fait remarquable, les entreprises dirigées par des femmes ont capté vingt-sept pour cent des financements, surpassant les prévisions initiales. Bien que des défis subsistent pour parfaire le cadre réglementaire et renforcer la dimension régionale, le modèle marocain s'impose désormais comme une référence inspirante pour l'ensemble du continent.