L'interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l'Italie promet de renforcer la sécurité d'approvisionnement du pays et d'impulser la transition verte.
La transition vers les énergies vertes en Tunisie repose sur des investissements majeurs et sur une coopération internationale accrue pour concrétiser les chantiers solaires et éoliens. D'après un entretien accordé à la radio par Emiliano Alessandri, chercheur à l'Institut du Moyen-Orient à Washington, le projet Elmed constitue une avancée stratégique majeure. Cette initiative prévoit la mise en place d'une liaison électrique sous-marine entre les côtes tunisiennes et italiennes, offrant ainsi de nouvelles perspectives pour stabiliser l'approvisionnement national en électricité, en particulier durant les pics de consommation estivaux liés aux fortes chaleurs.
Au-delà de la sécurité des approvisionnements, cette infrastructure pionnière doit à terme faciliter l'exportation vers l'Europe de l'électricité propre générée localement. Toutefois, le chercheur rappelle que ce câble sous-marin ne constitue qu'une pièce du puzzle. Pour prétendre au statut d'exportateur d'énergie, la Tunisie doit impérativement stimuler sa production nationale, bâtir des infrastructures adaptées et attirer des capitaux pour répondre à une demande industrielle et domestique en constante augmentation.
Le développement de l'éolien et du solaire apparaît comme la solution idoine pour s'affranchir des sources conventionnelles, à condition d'optimiser le climat des affaires et de mobiliser les financements indispensables. En tirant pleinement parti de sa situation géographique privilégiée et de son immense potentiel naturel, la Tunisie peut transformer ces ambitions en opportunités économiques durables. La réussite de cette vision dépendra de la capacité du pays à concrétiser ses grands projets en actions tangibles pour l'avenir.