Des professionnels du livre plaident pour la création d'un prix littéraire dédié aux langues nationales afin de dynamiser l'édition au Sénégal.
A l'approche de la dix-huitième édition de la Foire internationale du livre et du matériel didactique à Dakar, des acteurs culturels soulignent la nécessité de valoriser l'édition en langues nationales. La directrice des éditions EJO, Ndèye Codou Fall Diop, suggère la mise en place d'un prix littéraire d'envergure pour encourager l'écriture, renforcer la visibilité des auteurs et stimuler un secteur qui souffre encore d'un déficit de distribution dans les grandes librairies. Selon elle, la lecture d'œuvres dans la langue maternelle favorise une transmission organique des valeurs essentielles aux jeunes générations.
Cette vision est partagée par de jeunes auteurs, à l'instar d'Ibrahima Fall, qui invite les autorités à ancrer davantage l'apprentissage dans les langues locales pour stimuler la réflexion des élèves, tout en maintenant une ouverture sur les langues étrangères. Les intervenants saluent d'ailleurs la récente adoption d'une politique linguistique nationale intégrant plusieurs langues dans les programmes éducatifs, estimant qu'il s'agit là du levier le plus puissant pour l'apprentissage et le renforcement du capital humain.
Les organisateurs de la foire comptent également proposer des formations en écriture à l'intention des journalistes et critiques littéraires afin d'accroître la couverture médiatique des ouvrages locaux. Pour ces passionnés de littérature, l'objectif ultime est de réconcilier les citoyens avec la lecture et de préserver la riche tradition orale du pays en fixant durablement les récits et les contes sur papier pour les générations futures.